lundi 23 décembre 2013

La descente aux enfers de Dieudonné (10/17)

ATTENTION tous les articles de ce Blog ont été écrits par « Momo » du blog québécois « centpapier».  Ils ne sont reproduits ici que du fait des problèmes techniques d’accès
22 décembre 2013
En 2007 et 2008, l’univers politique jusqu’ici plutôt flou de Dieudonné va s’affirmer et s’afficher carrément à droite, ou plutôt à l’extrême droite. On en est plus à une simple poignée de mains entre l’artiste et Jean-Marie LePen : ce dernier va carrément l’aider financièrement, en lui offrant une somme conséquente pour le prêt de sa salle parisienne au prétexte de préparer les élections grâce à la distribution d’un « pack » de formation pour ses élus, une idée concoctée par Chatillon et un élu FN lui-même responsable d’une société de phoning (bénéficiaire lui aussi de l’opération). Une idée qui va faire jaser, car au même moment le parti du vieux marabout borgne, comme l’avait appelé jadis Dieudonné, était endetté jusqu’au cou et peinait à vendre son fief immobilier (le célèbre « paquebot »). Quel intérêt Jean-Marie le Pen pouvait-il avoir à s’associer avec le comique, avait-il en cela subit l’influence d’Alain Soral que le vieux leader avait également imposé à ses troupes, au grand dam des supporters de sa fille, voilà qui posait sérieusement question. Cette année-là, on verra aussi Dieudonné se rendre dans la Marne, pour soutenir un élu FN qui fournissait le parti en champagne, ou on le retrouvera en Afrique, chez les pygmées, en compagnie de Jany Le Pen, la propre femme du chef du FN, ou en compagnie de Serge Ayoub, qu’il dira en 2013 n’avoir jamais rencontré auparavant. Cette gesticulation politique de l’artiste en marigot frontiste ne semble avoir en fait qu’un seul intérêt : celui d’un opportunisme financier, tant le domaine chez lui est primordial. Confronté à des refus de salle municipales en raison de ses déclaration antisémites, Dieudonné cherche alors de l’argent ailleurs, notamment en sollicitant ses supporters devenus vaches à lait avec la création d’un site vendant mugs, t-shirts et autres DVD de l’artiste,parfois dans des conditions juridiques douteuses, comme on va le voir. L’année 2007 se terminant par une provocation ignoble de l’artiste, en présence de Jean-Marie Le Pen dans la salle, ravi de voir une scènette antisémite, lui qui avait déclaré la shoah comme n’étant qu’un « détail » de l’histoire.
Jany et les pygmées
pygmees_dieudo-bbb3cL’année 2007 commence pour Dieudonné par une bien étrange expédition. Débouté à son procès sur la traite des noirs, il s’en est trouvé d’autres à défendre : des pygmées. « T’as une tendance à te foutre de leur gueule en les voyant », dira-t-il en débutant son sketch, dans son spectacle « j’ai fait le con » où les grossiéretés ponctueront le propos toutes les 15 secondes. La provocation est la seule arme de Dieudonné, on le sait. Sur son site, il tiendra un tout autre discours en effet en prenant leur défense : « la déforestation de l’Afrique centrale « les a presque éliminés et a rendu leur situation sanitaire critique », écrit-il sur son site. Dans la foulée, il annonce qu’il a invité sept Pygmées à venir en France le 15 avril pour interpeller les candidats à la présidentielle. »  Or sur les photos de son voyage, ce ne sont pas les pygmées ni Jean-Michel Dubois, (le responsable des grandes manifestations du FN) que l’on retient mais plutôt la présence de Jany LePen (Jeannine Marie Louise Paschos), la (seconde) femme du leader frontiste, qui s’occupe d’humanitaire à ses heures, comme les dames de la bourgeoisie au XIXe se targuaient de s’occuper de « bonnes œuvres » chrétiennes. dieudo_jeny-76c5c« Dieudonné insiste. La présence à ses côtés de Jany Le Pen, l’épouse du président du Front national, sur la scène du théâtre de la Main d’or à Paris, vendredi, n’a rien de« politique ». De retour d’un voyage humanitaire au Cameroun, la femme du leader d’extrême droite n’est là que comme présidente d’honneur de Fraternité Française, une association caritative satellite du FN. » Non bien sûr elle est plutôt là pour décorer la scène, sans doute, se dit-on. Mais en fait c’est déjà le premier étage de fusée d’un accord avec le FN qui a été lancé.  »Dieudonné, propriétaire du théâtre de la Main d’or, déterminera son vote à la présidentielle en fonction des réponses des postulants à l’Elysée sur le sort de cette peuplade. lepen_jany_dieudo-b8b24Et, dans ce cadre, le FN et son leader semblent avoir pris une longueur d’avance en s’intéressant avant tous les autres au sort de « ces gardiens de la forêt », comme les désigne Dieudonné » raconte Libération. C’est donc une opération de com’ orchestrée par Dubois et non un acte humanitaire ! La présentation surréaliste se terminant par une phrase de Soral : « Vous pensez que Nicolas Sarkozy sera sensible au sort des Pygmées, dont il est très proche par la taille ? » lâche l’essayiste Alain Soral, désormais hissé au rang de conseiller spécial de Le Pen…. la campagne de Dieudonné n’a jamais volé très haut, mais en ce 24 mars 2007 elle vient d’atteindre un maximum… dans le ridicule. Les pygmées promis ne viendront pas : adrien_rene-73682à peine si on remarquera au mois de juillet suivant la présence dans la capitale d’Adrien Sinafasi Makelo (ici à gauche lors d’une conférence de la Rainforest Foundation), 49 ans, et 1,55 mètre seulement. Un pygmée à Paris ! Le porte-parole de l’association congolaise « Dignité Pygmées » association créée l’année précédente seulement, et dont le contact est… Adrien, le pygmée que n’a pas rencontré Jany, aucunement contacté par Dieudonné ou par Jany LePen. Les journalistes n’avaient remarqué qu’une chose sur les photos : Jany Le Pen arborait un T-shirt marqué LPDR, qui avait intrigué. Celui du parti de l’ultra-nationaliste russe Vladimir Jirinosvki… autre propagande même pas déguisée !
Dieudonné, un produit d’export… au Québec
lepage2-1fdccSon spectacle nouveau Best-of : le meilleur de Dieudo » est présenté au théâtre de la Main d’Or, et cette année là il s’envole pour le Québec pour le Festival « Juste pour rire« . Là-bas, il aussi ses fans….et ses détracteurs, qui sont encore trop peu semble-t-il.« Comme l’a écrit le chroniqueur du Devoir Christian Rioux , « [s]i l’humoriste Dieudonné doit demander un jour l’asile politique quelque part, ce sera probablement au Québec. » (Christian Rioux, « Le « martyr » Dieudonné », Le Devoir, vendredi 14 juillet 2006) » avait relevé le Huffington Post. Il y avait déjà été interviewé l’année précédente par Guy A. Lepage, le présentateur de « Tout le monde en parle » version québecquoise (le concept d’Ardissson est international, décor compris), pour la promotion de son spectacle précédent « Mes excuses« . Il y fait tout d’abord profil bas, tout en ressortant son thème de « lynchage personnel »…. et très vite il était reparti, affichant avec aplomb une mauvaise foi assez phénoménale, « qu’il na jamais été tenu de propos antisémite, car il n’est pas antisémite «  et qu’il n’est qu’un « universaliste« . Devenant alors … négationniste de sa propre dérive ! Il ressortait ensuite les insultes « sale negro » de son agression, autre mensonge, car cela avait été démontré comme non prononcé lors de son procès par ses propres amis présents. Il fait aussi une allusion a ce qu’il avait écrit dans le le France-Soir le 12 mai 2005, lors de son appel pour.. . antisémitisme, où il avait mis en parallèle deux affaires sordides, en roi de l’amalgame : en reprochant « au gouvernement de se déplacer quand « on brûle deux poubelles dans la rue Popincourt » (à savoir l’incendie d’un centre social juif à Paris en août 2004) mais pas selon lui « quand 22 Noirs périssent dans un hôtel en flammes ». Puis il ressort à la fin de l’interview sa phrase sur son « lobby sioniste » et la minimisation de la Shoah, encore une fois, montrant la méme terrible obsession ! Il ajoute à la fin de l’interview « qu’il a été lynché deux ans sur une rumeur » qui disait « cet homme est antisémite« , « j’ai eu 17 procès que j’ai tous gagné, j’ai été relaxé à chaque fois«  : ce qui était bien mentir ouvertement devant des caméras étrangères. Il a bien tenu des propos déclarés antisémites et condamné pour cela par un tribunal, comme on a déjà pu le voir, lors de procès très souvent poussés jusqu’à l’appel voire plus loin, l’homme étant en prime procédurier (autant que LePen !). Ce qui lui a longtemps permis de dire qu’en effet il n’avait pas été condamné… définitivement ! Dieudonné joue sur les mots, lorqu’il ne ment pas. Le 11 septembre 2007, par exemple, il sera encore condamné à 7 000 euros d’amende pour l’expression « pornographie mémorielle » à propos de la Shoah. Ce chiffre de 17, n’est pas anodin chez lui : il l’avait déjà sorti dans une interview accordée à la militante pro-palestinienne Silvia Cattori, où il parlait seulement de « 17 procès », plus celui en cours.  »Le 12 mai 2005, il confiait à la même Silvia Cattori : « Je suis tombé sur un filon. Dix-huit procès en un an, c’est exceptionnel » note un blog très subtil qui a recensé ses mensonges successifs :
lepage-2-37141« Nous laissons de côté l’action engagée il y a longtemps par Patrick Sébastien et un défaut de permis de conduire en 2008, nous trouvons encore sept condamnations :
 - diffamation d’Arthur (juin 2006 pour la condamnation en première instance, septembre 2007 pour la renonciation de Dieudonné à faire appel)
 - incitation à la haine raciale dans l’affaire des propos sur les juifs « négriers » (condamnation définitive en novembre 2007)
 - diffamation publique à caractère racial dans l’affaire des propos sur la « pornographie mémorielle » (juin 2008)
 - diffamation de Patrick Bruel (février 2009, au Québec)
 - diffamation d’Élisabeth Schemla, ex-directrice de publication du défunt site internet Proche-orient.info (mars 2009)
 - diffamation de la LICRA (décembre 2010)
 - injures antisémites dans l’affaire du prix remis sur scène au négationniste Faurisson (mars 2011). Il faut ajouter à cela la cassation, en février 2007, de la relaxe dans l’affaire des propos sur « les juifs, une secte, une escroquerie ». Dieudonné perd parfois les procès qu’il intente : contre la journaliste Anne-Sophie Mercier en octobre 2007, contre le député Julien Dray en juin 2008 . » 
Précisons qu »au Québec aussi, justement, il a été condamné, pour avoir insulter Patrick Bruel avec… les mêmes termes avec lesquels il s’en était pris à Arthur : «  par la Cour supérieure du Québec à verser 75 000 dollars au chanteur Patrick Bruel pour avoir traité ce dernier de « supermilitant » sioniste, de « militaire israélien » qui approuve que l’armée israélienne « tue les enfants palestiniens » au sud du Liban lors de l’émission Les Francs-Tireurs du 29 novembre 2006, à Télé-Québec. Dieudonné avait également affirmé que le chanteur souffrait du « complexe de supériorité de certains Israéliens », c’est-à-dire qu’il pense qu’il fait partie « d’un peuple supérieur ». ?Ces propos avaient été enregistrés par l’animateur canadien Richard Martineau (un « familier des milieux maçonniques montréalais » comme il se présente, et plutôt classé à droite islampophobe, taxé aussi de  »manque de rigueur journalistique » à propos des Inuits !) lors d’une interview pour « Les Francs-tireurs », une émission de Télé-Québec diffusée le 4 décembre 2006, elle devait être reprogrammée, mais la seconde diffusion n’aura jamais lieu, les producteurs, en visionnant l’émission l’avaient trouvé trop insultante. « Dans Le Journal de Montréal, la prod a bien précisé que ce trappage ne découlait pas d’une intervention du chanteur. Ce qui n’a pas empêché Dieudonné, contacté hier par 20 Minutes d’estimer, à l’inverse, que des pressions ont été exercées. L’occasion de crier, une nouvelle fois, à la « censure «  pouvait-on lire dans 20 minutes. Dieudonné, incapable de s’amender, et toujours à crier au « complot juif  » contre sa personne (il dit « sioniste », on le sait, pour ne pas avoir de poursuites). Le retourneur de haine avait encore frappé. Dieudonné attise la haine, et quand on lui renvoie à La face, joue invariablement au martyr persécuté.
Des ventes de cassettes interdites de distribution à l’affaire Fofana
L’usage de deux insultes similaires attribuées à deux chanteurs différents présentant comme seule similitude d’être juifs (Arthur s’appelle Jacques Essebag et Patrick Bruel Maurice Benguigui) révélant bien ce qu’on peut appeler une monomanie maladive. Une obsession du juif. Un problème qu’il contourne désormais ouvertement, sans qu’on ne s’en aperçoive trop, ce qui est plutôt inquiétant de la part des pouvoirs publics (c’est en train de changer en 2013, semble-t-il )images-57-2-372b6. Dans sa liste de spectacles en DVD, disponible sur le net, on peut en effet aujourd’hui noter cette aberration en droit qui devrait logiquement lui valoir d’autres ennuis, décrit par l‘entreprise qu’il dirige et dont il est le responsable, juridiquement : « le DVD (« j’ai fait le con » enregistré au Zénith de Paris) est interdit à la vente, cependant vous pouvez le commander en envoyant un chèque de 20€ à l’ordre de Bonnie Productions, Théâtre de la Main d’Or, 15 passage de la Main d’Or Paris, France, 75011″. Cela tombe en effet dans le domaine de « la vente à la sauvette : vente sans autorisation sur le domaine public de l’état » avec comme sanction  »six mois d’emprisonnement et 3 750 € d’amende » (par vente constatée). Les vidéos de ce même spectacle, retirées de Daily Motion ou de You Tube, sont régulièrement remises par les fans, à peine enlevées. Dieudonné est devenu un troll sur le net, aidé par sa meute de fidèles (dont Allain Jules, propagandiste se prétendant sur son site « journaliste » qualifié ici « d’énergumène » pour avoir répandu l’idée de la mort de 50 enfants en Lybie, une idée complètement fausse). Dans un des sketchs de ce spectacle immonde, il présente ainsi Youssouf Fofana le sinistre « chef du gang des barbares » comme  »collectionneur de pin’s », « gentil au départ« …. je vous passe le reste, obscène, sur le sort  d’Ilan Halimi, massacré par Fofana pour la seule raison qu’il était juif. On comprend l’interdiction à la vente ! Fofana, encensé lui aussi par Allain Jules, a été condamné à la réclusion perpétuelle le 11 juillet 2009, rappelons-le. Le porte-parole du PS, Julien Dray, deux ans après la mort d’Ilan Halimi, affirmera devant le tribunal de Paris que l’humoriste Dieudonné, qui le poursuivait alors en diffamation, »avait contribué à créer un climat d’antisémitisme, propice à ce meurtre ». Les propos incriminés remontent à février 2006. Lors de l’émission « Parlons-en », diffusée sur La Chaîne parlementaire et consacrée à la montée de l’antisémitisme en France, M. Dray avait notamment affirmé : « On a les effets différés aujourd’hui de tout ce qu’a fait Dieudonné tout au long de ces mois et de ces années (…) Il y a un effet Dieudonné ». Il avait obtenu la relaxe, n’en déplaise à Dieudonné. Détail sordide : la « rabateuse » de Fofana séduira le directeur de la maison d’arrêt, Florent Gonçalves, qui sera démis et condamné lui aussi à un an ferme, une amende de 10.000 euros et une interdiction définitive d’exercer toute fonction publique. L’affaire est demeurée glauque, de bout en bout ! Comme est glauque la plainte déposée le 19 février 2013 par Dieudonné contre le résidant au Théâtre de la Main d’Or » où figure le nom de Fofana, inscrit comme « résidant au Théâtre de la Main d’Or«   (ce qui constitue donc un faux juridique manifeste, pour lequel il pourrait aussi être condamné !) ! Autre événement significatif sur le sujet : en ce moment, Alexandre Arcady prépare un film sur le sujet du meutre d’Halimi, et lors du début du tournage au Palais de Justice de Paris, ce dernier à été perturbé par une meute de fidèles de Dieudonné venus assister à son énième procès pour antisémitisme…. Le 4 octobre, 2007, pourtant, Dieudonné se désistera de son appel contre Arthur, acceptant pour la première fois sa condamnation. Pas la bonne période pour lui…en train de ramer pour remplir ses salles, et surtout… la sienne, dans le 11eme.
Le coup de pouce financier du FN
theatre-2-771f7On l’a vu, le comique devenu clown sinistre a besoin d’argent. Sa salle peut lui en fournir, à condition qu’on la loue. C’est le Parisien qui va vendre la mèche un an après les faits, pour expliquer qui la lui emprunte. « Le Front national aurait versé quelque 60 000 € à Bonnie Production géré par Dieudonné M’Bala M’Bala, le vrai nom de l’artiste. Le contrat portait sur la location d’un espace, le Théâtre de la Main-d’Or dans le XI e arrondissement de Paris, propriété de Bonnie Production. Joint hier, le Front national n’a pas démenti cette information. « Nous avons formé à cet endroit des militants pour obtenir les cinq cents signatures de maires qui permettaient à Jean-Marie Le Pen d’être candidat pour ce scrutin », explique Jean-Michel Dubois, vice-trésorier du Front national. Le fantaisiste Dieudonné n’a pas souhaité confirmer cette information, soulignant seulement que la comptabilité de « sa société était saine » (à l’époque on n’a pas encore découvert sa fraude fiscale datant de 1997). rachinel1-2f471Ce qui paraît étrange, c’est le montant  :  »le Théâtre de la Main-d’Or, d’une capacité de 200 places, est loué environ 2 000 € la journée (de 9 heures à 17 heures). Pour ce prix, la direction propose en plus un buffet campagnard et la présence d’un vidéoprojecteur. Avec son budget de 60 000 € pour la formation des militants, le Front national aurait pu s’offrir la salle du Zénith et ses 6 000 places (environ 52 000 € ). Le FN n’a pas voulu préciser s’il avait loué la Main-d’Or pour une journée ou plusieurs ». Plusieurs, sans aucun doute, ce qui aura l’art de mettre en fureur une partie des cadres du parti. A ce moment-là en effet, le FN est en train de se battre pour tenter de vendre son fief de Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, depuis 1994, surnommé le paquebot, car il manque cruellement d’argent pour attaquer la présidentielle (le bâtiment ne sera vendu qu’en avril 2011 !). A l’origine de la vente, le refus de l’imprimeur du parti de continuer à servir de vache à lait perpétuelle. « C’est Fernand Le Rachinel, député européen du FN, qui a emprunté auprès des banques, moyennant une prise de garantie sur ses entreprises, les 8 millions d’euros de la campagne législative, pour ensuite les prêter au FN. Il doit rembourser les banques en plusieurs échéances, la première étant fixée au 31 décembre pour un montant de 1,5 million d’euros. Le solde doit être acquitté en mars. Il n’entend pas payer de sa poche et attend que le mouvement le rembourse à son tour. rachinel2-095e9Il a même saisi les tribunaux pour que sa créance sur le FN – représentée par des billets à ordre –, ne puisse être contestée et que la vente du siège serve prioritairement à le défrayer. Le jugement doit être prononcé lundi prochain. Les précautions prises par Le Rachinel lui ont valu des critiques au sein du mouvement. Mais il a fait valoir à Le Pen, qui en est convenu, qu’il ne pouvait faire assumer la dépense par ses entreprises. » expliquait le Figaro. Le 15 novembre 2013, la condamnation de JMLP à rembourser Le Rachinel devenait irréversible  : »la condamnation du Front national à rembourser plus de 6,3 millions d’euros de dettes, majorées de près de 600.000 euros d’intérêts, à Fernand Le Rachinel est devenue définitive hier après le rejet du pourvoi en cassation du FN, a révélé aujourd’hui des sources judiciaires »
Le pot aux roses
Main-dor-1c566Tout cela n’expliquant pas pourquoi un parti endetté jusqu’au cou avait pu se permettre une telle largesse avec l’humoriste… qu’espérer en retour ? On retrouvera une des factures, adressée à ean-Michel Dubois, président de l’association de financement de la campagne électorale de JMLP, montrant à quoi avait servi la salle de Dieudonné : « celle de 20.000 euros pour quatorze demi-journées entre le 22 janvier et le 9 février 2007, dans le but de « former 20 télé-acteurs pour la recherche de signatures de maires ».Une action chapeautée par Régis de la Croix-Vaubois, le responsable de RCV qui est aussi candidat du Front national aux législatives dans la Nièvre. Sa société sera payée la bagatelle de 307.000 euros pour du phoning. En épluchant les factures, les sages découvriront que des personnes avaient aussi été facturées indûment :  »48 642 euros de rémunérations accordées à six amis du FN ayant participé à la quête de signatures, en l’absence de contrats de travail (dont Marc Georges, alors très proche de Dieudonné, et Farid Smahi, l’homme qui a quitté le FN en janvier dernier, lassé de jouer « le bougnoule de service ») ». On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, semble être la devise du FN… qui louait donc grassement la salle de Dieudonné et subventionnait son directeur de campagne tout aussi grassement !
Dieudonné, ce laïc qui aime tant les églises traditonnalistes
Un moyen pour Dieudonné de poursuivre sa route, aidé financièrement, et de continuer sur le même thème récurrent, et d’augmenter encore dans l’abjection. Un abject qui va se faire en plusieurs étapes. D’abord avec la reconnaissance des liens importants entre l’humoriste et la famille LePen. Cela commence par une étonnante dépêche de l’AFP du 16 juillet 2008.   »Le président du Front national Jean-Marie Le Pen est devenu le parrain du quatrième enfant de l’humoriste controversé Dieudonné, lors d’une cérémonie à Bordeaux la semaine dernière, a indiqué une source proche de l’humoriste, confirmant des informations de Libération mercredi. Selon l’enquête du quotidien, le baptême de l’enfant, une petite fille, a eu lieu à Bordeaux, dans la paroisse traditionaliste de Saint-Eloi, par l’abbé Philippe Laguérie, ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, bastion intégriste parisien. Ces informations sont « exactes », a déclaré la source interrogée par l’AFP, sans vouloir donner plus de détails ». Des photos montrent en effet une réception dans la propriété de Montretout de JMLePen, dans laquelle on peut voir le député du FN, sa femme, le couple Dieudonné et un autre couple, delui de Frédéric Chatillon (ici on le voit avec JMLP et Chatillon). dieido le pen chatillonEn vidéo, Dieudonné bottera en touche quand on lui demandera si le coup du baptême était réel ou si ce n’était qu’un coup de pub en disant qu’un magicien ne rébvélait jamais ses tours. Avouant ainsi qu’il lui arrivait en effet de tromper les gens… Un magicien ayant eu recours à un abbé bien spécial lui aussi : Philippe Laguérie. C’est l’ancien  »curé » de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, bastion traditionnaliste, et un soutien affiché de LePen depuis des années nous rappelle Wikipédia :  »durant la période où l’abbé Laguérie y officiait (de 1984 à 1997), les connexions avec les personnalités d’extrême droite n’étaient pas rare. En 1987, alors que Jean-Marie Le Pen vient de créer le scandale par ses propos sur les chambres à gaz, on entend l’abbé à la télévision française prendre la défense du président du Front National, qu’il présente comme une victime de la « grande banque juive qui tient la France en dictature depuis quarante-cinq ans »et prendre la défense de négationnistes en ces termes : « les thèses des professeurs Roques et Faurisson sont parfaitement scientifiques ». En 1991, il présentera le Front national comme étant le « Parti le moins éloigné du droit naturel  »  ; un curé… négationniste, voilà qui semble… naturel chez Dieudonné ! lagerrieUn curé dont l »église Saint-Éloi de Bordeaux sera même filmée avec JM LePen et madame attendant sur le parvis, en compagnie de Noémie Montagne, compagne de Dieudonné, pour ceux qui auraient douté de sa fréquentation ! Un Laguérie admirateur de la Milice et de Vichy  : « le 25 juillet 1996, l’abbé Laguérie procède à la célébration d’une messe pour les obsèques de Paul Touvier, ancien fonctionnaire de police collaborationniste, condamné pour crimes contre l’humanité en 1994 pour l’exécution de sept Juifs lorsqu’il était chef de la milice lyonnaise sous l’occupation allemande. Au cours de cette messe, l’abbé Philippe Laguérie qualifiera l’ancien milicien d’« âme sensible, délicate et même nuancée » et souhaite se faire « l’avocat de Paul Touvier auprès de Dieu ». Un prêtre ayant évoqué « l’âme sensible » des miliciens pro-nazis portant sur les fonts baptismaux « Plume », alors la petite dernière de la frâtrrie Dieudonnesque ! On aurait pu espérer meilleur départ dans la vie à cette pauvre innocente !
Sabrer le champagne, une habitude chez les LePen
bourson-6531bUn rapprochement qui avait commencé dès le mois d’avril 2007 avec une étrange apparition de Dieudonné au fin fond de la Marne : « L’humoriste Dieudonné Mbala Mbala est venu apporter mardi 22 mai son soutien à un ami et associé de Jean-Marie Le Pen, Patrick Bourson, candidat du Front national aux législatives dans la troisième circonscription de la Marne (Reims-Suippes). « Je ne suis pas membre du Front national, mais il est important que les hommes de bonne volonté se réunissent », a déclaré l’humoriste. »J’ai eu la chance de rencontrer la femme de Jean-Marie Le Pen au Cameroun. Même sans soutenir le mouvement politique, j’ai trouvé cela formidable », a-t-il ajouté ». Voilà qui sonnait fort la langue de bois, le rappel des pygmées dans la Marne ! Etrange lien, pour un étrange personnage en effet : Patrick Bourson, c’est le fils d’une espagnole et d’un soldat américain, élevé par un algérien, ancien du FLN (!), et il a en effet été condamné à 12 ans de prison en 1980 pour divers braquages, est resté 5 ans à Clairvaux, (prison de très haute sécurité), et a aussi été privé de ses droits civiques durant 25 ans. Sorti de prison, il était devenu VRP (où il avait été alpagué pour chèques en bois) avant d’épouser une riche veuve de Villers Marmery, en pleine Marne, héritant d’un vignoble de Bourgogne au passage. Devenu riche, il organisera des fêtes mémorables avec Gérard Bourgoin, l’ex « roi du poulet » (et du Football, on y croisera même Boy George et Germaine Jackson !). Pour ce qui est du champagne, il s’associera avec… JM LePen pour sortir une cuvée un peu « spéciale » résumée ici par LePoint : « … Jean-Marie Le Pen tient une place à part étant lui-même producteur de champagne. Avec son associé, Patrick Bourson, ancien braqueur reconverti, il propose même une cuvée spéciale destinée aux bars gays parisiens sous l’étiquette « Veuve Poignet ». Le vin a toujours inspiré les poètes… ». herbetot-ff889A tout bien regarder, JMLP a toujours eu un faible pour le champagne, surtout chez ses supporters les plus riches  : « Le Marquis de la Roteuse : ancien PDG des champagnes Heidsieck et Piper-Heidsieck, le marquis François de Suarez d’Aulan fait de la mousse pour le Front. Membre du comité de soutien à la candidature de Le Pen à l’élection présidentielle, animateur du Cercle Tocqueville, dont l’objet consistait à jeter des ponts entre la droite et le FN, le marquis se dépense sans compter. Il navigue entre ses demeures rémoise, parisienne (avenue Foch) et un grand château du Calvados classé monument historique mais interdit aux visiteurs (c’est celui d’Herbetot ; ici à droite) « . Qu’était donc allé faire Dieudonné dans cette galère à caisses de champagne pour bars homos, certains ont leur petite idée, champ_lepen-d2d64la principale étant le rapprochement avec Jean-Marie, voire la pêche, déjà aux voix des maires ! D’autres pensant que le champagne vu aux mains des gens du carré VIP de la Main d’Or aurait très bien pu provenir des caves de Bourson. A 4 millions d’euros de revenus les cuvées de vins LePen (celle des bars gays ne faisant qu’une production confidentielle de 800 bouteilles par an), l’odeur de l’argent attire il est vrai tout le monde. Le gag de Bourson étant que lorsqu’il se présentera aux présidentielles de 2012, il réunira 508 signatures de maires, avant de laisser tomber au final, de quoi rendre malade Dieudonné, qui n’y est jamais arrivé. Même en allant le soutenir juste avant la fin du dépôt des candidatures… Dans un but toujours inavoué.
L’encombrant Chatillon
images-58-2-bb65bAu FN, on fait des tas de rencontres, en effet. Etudiante en droit à l’université d’Assas, Marine Le Pen a rencontré là-bas Frédéric Chatillon, alors président du GUD. C’est aussi le mari de Marie d’Herbais (à propos de laquelle je reviendrai), amie d’enfance de Marine lePen ! De son passé au GUD, Chatillon en a gardé une admiration sans bornes pour Mussolini, ayant fait réaliser à son propos un DVD sur la dictature par la Semis, une officine d’extrême droite dont l’un des DVD s’intitule « la désinformation autour de l’immigration« .….avec  »images du fascime » (le DVD de Chatillon) , « Pierre Sidos, une vie au service de la France«  ou même le « Triomphe de la volonté » le film de Leni Riefensthal, ou « Les dieux du stade » dans la collection « propagandes ». En ce sens, Chatillon est un boulet pour le projet d’ouverture de Marine LePen, chatillon-dieudonne-et-faurisson-c489fcar il est pire que son père avec sa SERP en n’hésitant pas non plus à s’afficher avec en particulier Faurisson (et Dieudonné !) ! Un Chatillon qui s’est beaucoup démené avec Alain Soral pour faire le site Égalité & Réconciliation (puis mettre en place Infosyrie, site de propagande de Bachar el Assad), ou mettre à disposition un endroit baptisé le Local, fin 2007, en compagnie du troisième larron, Serge Ayoub, skinhead ayant tâté du trafic de drogue dans les années 80, et d’un quatrième même, Philippe Peninque, ancien dirigeant du GUD lui aussi mais aussi ancien avocat radié du barreau de Paris à la suite de malversations financières et d’une sombre affaire de passeports. Peninque s’était rappelé aux bons souvenirs de l’actualité cette année comme étant celui qui avait ouver le compte de Jérôme Cahuzac 1992. C’est Patricia Cahuzac qui avait mis en contact son mari avec Peninque. Le Monde note « l’argent proviendrait d’au moins deux placements dans des mines d’argent du Pérou, au début des années 1990, via une SCI, La Rumine, créée en 1998 par d’anciens militants du GUD (fondée par Lionel Queudot et sa femme),lepen_ayoub-69e46une organisation étudiante d’extrême droite musclée, que fréquentait à l’époque le couple Cahuzac ». Les sources d’approvisionnement de l’extrême droite étaient déjà fort…. diversifiées ! Que Dieudonné vienne chasser dans ce marigot ne peut en faire qu’un extrémiste de droite avéré. Et qu’il puisse dire qu’il ne connaît pas aujourd’hui Ayoub un autre gros mensonge. On retrouvera Marine LePen, la coupe de champ’ à la main, dans le local d’Ayoub. La preuve une photo, où la tapisserie affichée était bien la même, comme le montrera le Petit Journal. Ce sera en 2008, pour la première « 100% French Pride » organisée par le site d’extrême droite FDesouche.com. L’occasion de ressortir là aussi la cuvée « homo » de papa ?
Dieudonné avait déjà rencontré Ayoub il y a six ans (au minimum) !
egalite_universite_d_ete_2007-df19aEn juin 2007, le polémiste girouette, ex gigolo (il l’avait expliqué à Mireille Dumas) devenu féru de politique depuis la perte de ses cheveux, Alain Soral, grand admirateur de François Duprat, crée son association Egalité&Réconciliation alors qu’il est toujours membre du bureau politique du FN où il a été imposé par JMLP en personne. Soral prêche un gallimatias mêlant relents lointains de communisme (internationaliste par définition), appel à soutenir Chavez (?) et admiration pour l’extrême droite musclée et nationaliste à la Duprat (en somme, les têtes dont Ayoub orne ses manifestations !). Bref, personne ne peut le suivre, dans ces évidentes contradictions, cela fait déjà plusieurs années qu’il vocifère en mélangeant un peu tout. Il est surtout déclaré « anti-sioniste », ce qui signifie vite chez lui une haine des juifs qu’il ne cache que de plus en plus difficilement. images-26-4-c7ebeEn 2011, le député suisse d’extême droite Oskar Freysinger (invité par Jean Robin, autre extémiste de droite muni ce jour-là de sa brosse à cirage) l’avouera sans détours à la suite d’une réunion avec lui : Soral est pour Freysinger bel et bien un antisémite (c’est à écouter à 16’24″ du début, où Soral en prend pour son grade en anti-juif caractériel). « Ce qu’il a rêvé sur les camps de concentration, je lui ai dit mais tu es malade, mon gars » (à 19’50″) indique Freysinger, effrayé par le comportement de Soral dès qu’on parle des juifs devant lui. Or ce groupuscule organise très vite son université d’été, au domaine de Grand’Maisons que Dieudonné va venir visiter  :  »les 8 et 9 septembre 2007 à Villepreux a eu lieu la première Université d’été de l’association, organisée par Marc George et à laquelle participèrent Dieudonné, Christian Bouchet (extrême droite « nationale revolutionnaire »)villepreux-super-banquet-e730c Jean-Marie Le Pen, Farid Smahi (membre du bureau du FN), Serge Ayoub (ancien chef skinhead d’extrême droite) ainsi que Giorgio Damiani, webmestre de vox NR (un proche des sites d’extrême droite pseudos « alters » comme Alterinfo de Zeniel Cekiki et « tousaufsarkozy.com » de Michel Schneider, ex cadre du Fn), et Ugo Gaudenzi, directeur du quotidien italien Rinascita. L’assistance comportait également quelques anciens militants du GUD, tels Philippe Penninque ou Gildas Mahé ». On notera que dès le mois de juin 2007, Dieudonné avait déjà rencontré Serge Ayoub, à cet endroit, contrairement à ce qu’il venait de dire lors de sa rencontre dans son théâtre pour sa causerie sur Clément Méric, le jeune « antifa » tué. A Grand’Maisons, où Gollnisch convoquait tout le monde à un banquet pour sa propre campagne au sein du parti (voir photo à gauche) on avait donc un beau panier de crabes d’extrême droite. Et cela, Dieudonné ne pouvait l’ignorer. Comme il ne pouvait ignorer l’antisémitisme flagrant de Soral. Il est amusant de constater que c’est aussi à Villepreux que l’année suivante, en 2008, se tiendra le « 1er Congrès nationaliste » organisé par le Renouveau Français ». 170x170-ct-062f8On pourra y voir une belle brochette également : à savoir Jérôme Bourbon, le rédacteur en chef de Rivarol, André Gandillon, rédacteur au magazine Militant, Pierre Hillard (membre du réseau voltaire de Meyssan, ici à droite, « chercheur en géopolitique », et « écrivain »), Hervé Ryssen l’antisémite avéré, Pierre Sidos (le responsable de l’Œuvre française) et Thibaut de Chassey (celui du Renouveau Français). On admire au passage lors de la réunion dans la vidéo les ouvrages sur Pétain et la chanson chantée complètement faux, ou ici leurs croix celtiques et leurs t-shirts Lonsdale). Pitoyable folklore !
Le suicide médiatique au Québec
TV5-1-6e103En novembre 2007, Dieudonné se retrouve à nouveau au Canada, sur TV5, lors d’un dîner où des invités devisent avec des présentateurs, dont Luck Mervil, unindépendantiste activiste humanitaire, avec le chef cuisinier Carl Bourgon (dans l’émission Le 3950 de Renaud-Bray, une chaîne de libraires). Un autre concept signé Ardisson. On y trouvait Richard Martineau (déjà décrit ici), Sylvie Durocher, sa propre femme, journaliste, Cathy Gauthier, humoriste, et François Bugingo, journaliste et vice-président international de Reporters sans frontières. Il était tout de suite questionné sur la rencontre avec Jean-Marie LePen, où il se retrouvait vite cerné de collusion avec un négationniste « vous vous êtes foutu dans la merde » lui lance d’emblée Martineau. Ajoutant « maintenant que vous êtes brûlé en France, allez-vous vous établir ici ? «  Ce à quoi il répond « je soutiens un autre candidat » - venu soutenir Ségolène Royal, il avait été copieusement hué à Charléty - (*) car on l’a oublié, mais celui qui était allé serrer la main de LeLepen était allé soutenir Royal, ou plutôt avait tenté de le faire ! La preuve de son inconséquence totale en politique ! Ou de son irrépressible opportunisme ! C’est alors le journaliste Bugingo qui lui pose une longue question qui va le destabiliser : « vous êtes un homme de scène, vous avez fait toute votre carrière sur scène et vous comprenez le poids de l’image, le poids de chaque geste dans un scénario, même au délà des mots, juste une photo vous savez ce que ça vaut alors être aux côtés ce jour-là aux côté de JMLP vous savez que symboliquement en termes d’image et en terme de scénographie, cela apportait une charge émotionnelle et politque et médiatique énorme »… ce à quoi il répondra que  »je trouve que ce que vous dites est banal, vulgaire, c’est de la pensée unique, c’est commun, il n’y aucun risque à dire ce que vous dites…. vous allez plaire au plus grand nombre, j’entends déjà Michel Drucker…. Dieudonné fait ce soir-là dans le mépris le plus complet, utilisant sans s’en rendre compte un extrait du vocabulaire typique de LePen, et citant comme référence contraire… Michel Drucker, comme par hasard présentateur de télévision… juif (son obsession !). Non, ce jour-là, les canadiens venaient (enfin) de constater qui il était véritablement. Dieudonné affirmant piur se justifier que  »JMLP, pour moi, était dans mon univers politque à l’opposé de ce que je suis. Donc la moindre des choses pour moi, dans dans ma construction personnelle, encore une fois, au moment où je me retire de la politique, c’est de faire ce pas en avant et d’aller vers lui ».. plus loin, il affirme devant les autres qu’ils sont bien trop  »plein de certitudes ». Ce jour-là, Dieudonné en parlant de « construction personnelle » avouait un grave problème psychologique chez lui, venu de sa double origine, qu’il vit visiblement fort mal ! Rattrapé par ldes questions sur la Shoah ou l’Iran ; oû il venait de dire vouloir se rendre, il revient sur LePen et l’immigration et inflige alors un « médiocre » méprisant à ses interlocuteurs, repartant on ne sait comment sur le « génocide pygmée« . Toujours cette propension à minimiser la Shoah et à la comparer à autre chose de dimension variable ! C’est un Dieudonné qui s’énerve depuis en plus, face à ses interlocuteurs, que vont voir les téléspectateurs, confronté au « détail » de LePen sur lequel buttent les invités. Il se retrouve vite coincé avec une question simple, sur celle d’aller en journaliste interviewer ou non Hitler, ce à quoi il répond sans hésiter « oui »… Richard Martineau ayant répondu juste avant « jamais ». Ce soir là, le système Dieudonné, consistant à ne pas répondre et à balancer un autre sujet, et à être dédaigneux, en avait pris un sacré coup ! Au final il avait bien été… coincé, obligé de répondre en ayant méprisé à pluseurs reprises ses interlocuteurs. Anecdotiquement, on peut noter que Mervil avait joué un personnage appelé… Dieudonné, dans  »C’est pas moi, c’est l’autre« , d’Alain Zaloum, sorti en 2004. Durocher, le lendemain face aux critiques auxquelles elle devait faire face sur le net, harcelée par les fans de Dieudonné (ils savent être extémement virulents !), qui continuent aujourd’hui à présenter ce repas comme une grande victoire Dieudonnesque, écrivait : « j’affirme bien au contraire que nous nous sommes tenus debout devant un être odieux qui copine avec Le Pen, qui prendrait une tasse de café avec Hitler « pour faire jasette » et qui glorifie l’Iran et Cuba (deux grandes démocraties, comme chacun le sait).«  Ce soir-là, l’artiste avait révélé un côté désagréable de sa personne. Celui d’un dédaigneux sans argument véritable comme explication de son rapprochement avec un personnage douteux de la vie politique française, un négationiste avéré. Les canadiens réunis autour de la table ne savaient oas qu´ils pourrait faire pire encore… avec son baiser de l’araignée à Jean-Marie, le vieux crocodile du négationnisme rampant.
Le spectacle de la honte
dieudonnefaurisson02-e9c09Le FN un marigot où les vieux crocodiles du négationnisme baignent depuis longtemps. Ce que Dieudonné va démontrer avec éclat le 27 décembre 2008 avec une mise en scène abjecte lors de la dernière représentation du spectacle « J’ai fait le con » (aujourd’hui interdit de diffusion, donc, mais vendu quand méme à distance par Dieudonné, ce qui est une grave infraction juridique). Celle de son régisseur, Gilbert Sigaux, déguisé en déporté portant l’étoile jaune, montant sur scène pour remettre à Robert Faurisson «  le prix de l’infréquentabilité  » inventé pour l’occasion par Dieudonné, devant un public acquis, parmi lequel figurait en bonne place JM LePen et madame (la célèbre protectrice des pygmées). Libération nous apprendra que dans la salle il y avait aussi Kémi Séba…« leader du groupuscule noir racialiste, la Tribu Ka », « Il y a aussi Philippe Olivier, l’époux de Marie-Caroline Le Pen, passé dans les rangs mégretistes lors de la scission de 1998″, et « le présentateur de télévision Julien Lepers« . Celui-ci devra faire plus tard une mise au point : « que les choses soient claires : je ne cautionne pas les provocations de Dieudonné même si, par ailleurs, c’est un humoriste talentueux dont certains sketchs m’ont fait mourir de rire. Quand il a commencé ses conneries avec Faurisson, je me suis levé pour partir ». 
Réactions : même au FN, on condamne
On apprendra dans le même article qu’aussi qu’au FN… on avait vite compris que ce soir-là on avait dépassé les bornes : « le lendemain, à l’annonce de la nouvelle, Marine Le Pen, vice-présidente du FN et benjamine des trois filles du leader d’extrême droite, envoie un SMS énervé à ses collaborateurs parisiens. « Cette mise en scène est affligeante. Ces types sont dingues !!!! »écrit-elle. Après s’être dit « étonné » et « choqué », Le Pen se ravise pour convenir que « Dieudonné avait un peu exagéré ». Il n’empêche : ce soir-là Dieudonné était arrivé au comble de l’horreur médiatique. Le tollé qu’il déclenchera dans les semaines suivantes sera équivalent au séisme qu ‘il venait de proviquer. Stéphane Hessel aura le mot juste à son égard et envers ses spectateurs, qu’il avait trompé :  »on connaît Dieudonné, c’est un hurluberlu que personne ne peut respecter, et cela n’est pas pour moi le plus grave. Le pire, ce sont ses cinq mille ovationneurs. J’ai 92 ans, et il m’est insupportable de voir que l’horreur de l’extermination des juifs par les nazis puisse aujourd’hui fournir un prétexte à faire rire. Les médias ont d’ailleurs considérablement réagi contre ce qui s’est passé au Zénith. Il va maintenant y avoir une poursuite judiciaire, donc on ne peut pas dire que l’affaire ait été passée sous silence. Cela dit, cette poursuite conduira à une nouvelle sanction dont Dieudonné se fiche visiblement. Ce sont les cinq mille spectateurs qui la mériteraient, car ils ont bafoué les droits de l’homme tels que les ont violés les nazis ». Hessel n’oubliant pas la confusion qu’avait encore une fois entrenue Dieudonné :  »mettre en parallèle ce qui s’est passé au Zénith et ce qui se passe à Gaza, cette prison à ciel ouvert, est une double indication : celle qui nous oblige à rester vigilants sur ce qui est de l’antisémitisme, mais aussi celle qui nous impose de rester combatifs sur la violence sioniste et israélienne tout à fait inacceptable en terme de droit international ». Moins inspiré, ce jour-là, Hessel, pour la conclusion, car retombant dans l’amalgame dont se repaîssait justement Dieudonné !
Les dommages collatéraux
Une vision que Dieudonné en tout cas, est incapable de proposer. Il va en payer le prix fort : le lendemain même, des salles prévues se décommandent. Ainsi pour Besançon, Belfort et en Haute-Saône. Leur producteur, outré, à tout annulé : « En voyant Faurisson se faire remettre un prix par une personne déguisée en déporté juif, je me suis dit : « dédicaceou tu cautionnes, ou tu as une conscience et tu annules les spectacles », – ce que j’ai fait », a indiqué mardi à l’AFP Hamid Asseila, responsable de la société bisontine Nouvelle Génération Production, en charge de l’organisation des spectacles.  »J’ai eu mal au coeur pour le peuple juif qui a beaucoup souffert. On ne peut pas s’asseoir sur 2 millions de morts », a-t-il ajouté (à noter qu’il faisait alors du révisionnisme !), précisant qu’il avait visionné de « longs extraits du spectacle au Zénith ». Pour Yves-Michel Dahoui, adjoint à la culture de Besançon, « les organisateurs ont pris leurs responsabilités. Ce n’était pas aux politiques de censurer, et c’est à chaque citoyen de se rendre compte des dérives nettement condamnables de Dieudonné ». En leur âme et conscience, beaucoup vont juger en effet qu’il est allé beaucoup trop loin. Quitte à y perdre de l’argent. Pour Dieudonné ce sont d’autres ennuis qui s’annoncent mais pour les organisateurs aussi : « Près de 500 places étaient déjà vendues pour le spectacle prévu le 4 février à Besançon, 300 pour celui programmé le 5 février à Belfort, et entre 150 et 200 pour le 28 mars à Port-sur-Saône, a indiqué Hamid Asseila qui estime ses pertes à près de 20.000 euros, dont 5.000 euros déjà déboursés en communication.  »J’avais signé trois contrats avec la boîte de production de Dieudonné qui peut désormais me demander des dommages et intérêts », redoute-t-il. Et de ça, il ne va pas s’en priver, hélas ! Dieudonné ayant découvert une nouvelle façon de gagner de l’argent, sans avoir à se déplacer ni à jouer sur scène !
Que faire face à Dieudonné ?
Au gouvernement, face aux plaintes déposées, notamment des anciens combattants et prisonniers de guerre meurtris, on se demandait comment l’empêcher de se présenter aux élections de l’année suivante, les élections européennes, pour lesquelles il avait déja promis de se présenter. Contrairement à ce qu’il était allé annoncer quelques semaines plus tôt au Québec. Après son échec cuisant aux présidentielles l’humoriste n’avait en effet en rien abandonné la politique. Un avocat tenace, maître Thierry Lévy (qui avait assisté avec Badinter aux derniers instants de Claude Buffet), l’avait bien cerné chez lui, cette tendance, le soir du 8 mars 2010 où il était venu présenter le livre de Bruno Gaccio, des marionnettes des Guignols qui ne semblait pas avoir alors compris complètement sa dangerosité (le site de Soral le poursuivra pour ça d’une haine tenace en le présentant de façon odieuse).  Gaccio croyait encore à la liberté d’expression avec un bateleur menteur. Grave erreur de sa part. Arielle Schwab, présidente de l’UEJF se permettra dans Rue 89 de l’interpelleravec des mots justes, après le skectch immonde du Zénith : « aujourd’hui, tout est plus clair pour ceux qui ne voyaient pas ou ne voulaient pas voir les motivations de l’artiste. Aujourd’hui, Dieudonné tombe le masque et ne cache plus son antisémitisme derrière une rhétorique antisioniste. Non, Dieudonné n’est pas « l’homme de paix » qu’il a voulu présenter auprès de vous dans ses passages pour la promotion du livre. A chacune de ses sorties, Dieudonné incite à la haine entre les communautés. A chacun de ses coups d’éclats, Dieudonné pourfend le vivre-ensemble. Qu’on se le dise, puisqu’il l’assume, Dieudonné appelle à s’en prendre aux juifs. Vous doutiez hier encore que Dieudonné fût antisémite. Monsieur Gaccio, avez-vous aujourd’hui votre réponse ?«  images-55-2-1b68cL’avocat lucide affirmait lui que les spectacles de Dieudonné n’étaient que des prétextes à des idées politiques. Il avait compris ce qu’était le personnage et la difficulté pour une démocratie à le contrer, tant il utilisait la manipulation et les artifices pour arriver à ses fins, grâce à un public conquis par ses pitreries de comédien. Un manipulateur, voilà bien ce qu’ il était. De l’art de tromper les gens, comme les négationistes trompent ceux qui n’ont aucune connaissance historique. Celui de Dieudonné était depuis cette sinistre soirée clairement défini : il ne s’agissait plus que de soutenir l’extrême droite négationniste en présentant son principal représentant comme un homme honnête, ce qu’il n’a jamais été de sa vie, qu’il a passée à falsifier dans le seul but de glorifier le nazisme. Il n’a en effet jamais été historien : ses seuls titres universitaires sont ceux sur la littérature comparée !
L’année suivante verra l’artiste aux représentations annulées les unes après les autres, en raison de son positionnement odieux, aller à la pêche aux subsides, car privé de revenus de spectacles à l’extérieur de sa fameuse salle . Pour assouvir son besoin irrépressible de présenter la Shoah comme un événement sans importance, Dieudonné était désormais prêt à s’associer avec le diable. Financièrement exsangue, c’est ce qu’il fera en effet.
(*) A Charléty, après avoir été copieusement sifflé à l’entrée et refoulé par des partisans de Ségolène Royal hostiles à sa présence, il se débrouillera pour y entrer quand même, bien encadré par Joss, son responsable de sbires, dont pas mal au crâne bien rasé, ressemblant fort à ceux du DPS. On le verra sur place, au milieu de la foule, béret bien enfoncé sur la tête, au mileu de la foule de supporters… ce faisant beaucoup plus discret qu’il n’avait pu l’espérer au départ, les gens de gauche ayant déjà cessé de croire en lui comme représentant. C’est évidemment l’ineffable Jules qui vendra la mèche, en écrivant boîte de cirage à la main que « comme d’habitude et, comme un poisson dans l’eau, Dieudonné échange avec des admirateurs. D’ailleurs, il a décidé de donner son suffrage à Ségolène Royal dimanche. Acte qui prouve son sens du devoir, des responsabilités et, son amour de la France. » Jules a décidément toujours eu un style proche des écrivaillons chantant les louanges des leaders nord-coréens… genre brosse à reluire.

samedi 21 décembre 2013

La descente aux enfers de Dieudonné (9/17)

ATTENTION tous les articles de ce Blog ont été écrits par « Momo » du blog québécois « centpapier». Ils ne sont reproduits ici que du fait des problèmes techniques d’accès

20 décembre 2013 
Les divers propos de Dieudonné sur Jean Marie Le Pen, son ancienne cible préférée, laissant entendre que les deux pourraient s’asseoir et fumer le calumet de la paix vont se concrétiser en cette année 2006, à la veille de nouvelles élections présidentielles à laquelle Dieudonné va tenter une nouvelle fois de participer sans succès. (il sera obligé d’abandonner tout espoir en fin d’année) La rencontre a lieu en pleine fête Bleu Blanc Rouge du FN, pendant laquelle la fille du leader frontiste tente un rapprochement plutôt mal vécu par les anciens supporters du père avec l’extrême droite israélienne. On y voit un Dieudonné venir ostensiblement serrer la main à son ancien ennemi juré, et un peu après faire des déclarations entièrement reprises d’un texte écrit par un antisémite notoire. Dans une interview « Choc » (c’est le nom du magazine !) l’artiste se lâche et déclare renier ses années SOS-Racisme en affirmant avoir été « manipulé ». L’aveu est de taille : il revient sur les dix années qui ont précédé. L’année se terminera par un soutien appuyé en même temps à José Bové, comme candidat à l’élection présidentielle, et au numéro 2 du parti, Bruno Gollnisch, qui a tenu des propos négationnistes. Le grand écart est bel et bien devenu la spécialité politique du comique.
Dieudonné et Jean-Marie, la main dans la main
BBR_JMLP-a6cf1Le 20 novembre 2006, Dieudonné « officialise » ses liens avec le FN en se rendant devant les photographes à la fête du Bleu-Blanc-Rouge du parti ce qui en surprend plusieurs : « Il est pourtant difficile de croire que le pourfendeur de Marie-France Stirbois à Dreux en 1997, condamné en mars 2006 en première instance pour avoir déclaré que les juifs «étaient tous des négriers reconvertis dans la banque», ait pu s’inviter au BBR sans s’être assuré auparavant qu’il pourrait effectivement rentrer de manière courtoise. Ou se faire complaisamment photographier à sa sortie du Parc des expositions du Bourget en bonne place au milieu d’une escouade de DPS, les gros bras du FN, hilares « note Libération, qui ajoute  »Une série de photos publiées sur le site d’Allain Jules Meynié un proche de Dieudonné (et un admirateur de Kemi Seba), montre sa proximité avec quelques figures frontistes ou issues de la droite nationale bien connues« . smahi-99990L’homme qui présente Dieudonné à Le Pen n’est autre que Farid Smahi :  »L’opération avait été préparée de fraîche date. Des contacts ont été pris pour s’assurer qu’il allait bien pouvoir rentrer», confie Marc Robert. Conspirateur réjoui. Pourtant, au FN, tout le monde feint de ne pas avoir été informé. C’est Farid Smahiancien conseiller régional FN d’Ile-de-France,  »ami de très longue date d’Ahmed Boualek », responsable de l’association La Banlieue S’Exprime (proche de Soral et Dieudonné), qui a guidé Dieudonné à travers les stands et lui a proposé de se rendre sur celui de l’association de Jany Le Pen, SOS enfants d’Irak ». Le journal ajoute un détail expliquant les liens de ce petit monde  presque devenu People :  »Marine Le Pen dispose pourtant de personnes dans son proche entourage pour la tenir avertie des intentions de Dieudonné. A commencer par Marie Chatillon, actuellement employée au service de communication du Front. french-humorist-dieudonne-b24daSur plusieurs photos, elle apparaît aux côtés de Dieudonné, lui claquant la bise au passage ». Ce n’est autre en effet que la femme de l’ancien responsable du GUD avec lequel Dieudonné s’est rendu en Syrie  ! En vidéo, Dieudonné bottera en touche en affirmant « que sa mère et celle de Le Pen sont bretonnes » ce qui crée des liens selon lui. Et avouera que l’intérêt qu’il porte au parti est celui de « destabiliser » la vie politique. Le projet politique de Dieudonné devient déjà nihiliste. Il évoque surtout la présence de LePen au second tour de 2007, à laquelle il croit et l’espère même : il mise en effet sur un « séisme politique » en France. Dieudonné se range ce jour-là définitivement dans la catégorie « agitateur », qui attend l’arrivée d’un messie politique : il cite aussi une hypothétique présence d’un « Chavez de gauche » comme autre possibilité. Et ce ne semblait pasdps-80562 être Mélenchon, à l’évidence, chez lui ! Il ajoute « nous devons nous positionner contre les communautaristes, rappelant   »qu’il est contre les dogmes religieux » choisissant le thème de la circoncision comme exemple, et parlant de  »traumatisme » dans ce cas : citant exactement mot pour mot l’ahurissante thèse du dénommé Roger Dommergue (de son vrai nom Roger Guy Dommergue Polacco de Menasce, négationniste pro-hitlérien et fermement opposé à loi Gayssot, auteur de « L’Histoire face à la Question Juive », mais aussi de « Comment la femme moderne vit contre sa nature  » ou « Comment aider la nature à guérir par les plantes et les oligo-éléments » !!! ). Le propos confus de Dieudonné laisse pourtant clairement entendre qu’il a lu Polacco de Menasce…
Une bien étrange théorie
menasce-2-e3742Car Menasce (décédé récemment) avait écrit dans la droite ligne de « Je Suis Partout » des choses ahurissantes sur les juifs, tels que « l’argent est maîtresse du monde et les juifs sont les rois de la finance : Soros, Barclay, Rothschild, Rockefeller … L’usurier Moïse déjà exhortait son peuple à prêter de l’argent, sans jamais en emprunter. L’emprunt avec intérêt entre juifs est religieusement interdit. Cette passion de l’or est confirmée par le nom de nos plus célèbres économistes : Marc Touati, Elie Cohen, Alain Minc, Guy Sorman … Neuf fois sur dix notre ministre des finances appartient à la race errante. Alors que la population juive de notre pays est d’un pour cent ».  »Race errante » : tout le monde aura noté cette référence étonnante quand on sait qu’il était lui-même issu d’une famille juive qui avait fait un temps fait fortune dans le coton égyptien et la banque, ce que Dieudonné ne pouvait ignorer !!! Comme il ne pouvait ignorer les phrases démentes de de Menasce sur ses amis des débuts politiques :  »les plus enragés partisans des sans papiers appartiennent à la race de Judas : la bête juive Emmanuelle Béart, la bête juive Stéphane Hessel, la bête juive Alain Krivine, la bête juive Patrick Gaubert, la bête juive Mathieu Kassovitz, la bête juive Arno Klarsfeld »… (dans « Vérité et synthèse, la fin des impostures »). Comment a-t-on pu écrire au XXeme siècle et même au XXI eme pareille littérature antisémite demeure confondant ! Dieudonné, parlant ensuite d’excision, et  des « mutilations religieuses », exprime ici directement ses influences douteuses et nous montre que son discours n’a rien de cohérent : on a démarré l’interview sur sa présence à la fête BBR le voilà à traiter du besoin de la circoncision ou non ! Le 16 novembre 2006, Le Pen renvoyait l’ascenseur à la télévision en saluant Dieudonné pour sa venue au BBR. C’était bien un coup médiatique préparé en douce par les deux états majors, qui en espéraient de fortes retombées médiatiques, ce qui a été le cas. En faisant le coup du -secret pas secret- auprès d’eux… Bref, une belle manipulation !!!
Le choc Dieudonné
Les propos incroyables et inadmissibles de Menasce sont toujours en vente, en France, dans la librairie d’Henry Coston,journal_coston-c771fcollaborateur sous Vichy (il était membre du Parti populaire français le PPF, de Jacques Doriot à gauche la une d’un de ses journaux) reprise à sa mort par le néofasciste déclaré Jean-Gilles Malliarakis. Coston avait démarré tôt son délire antisémite : dès 1934, il était déjà le correspondant français de la Weltdienst, le centre allemand de propagande antijuive installé à Erfurt et dirigé par Ulrich Fleischhauer ! La une retrouvée de son journal était très significative. Condamné à perpétuité pour collaboration en 1947, il avait été gracié en 1955. Or c’est justement chez Jean-Gilles Malliarakis, le fondateur « d’Action Nationaliste », qui faisait le coup de poing en mai 68 avec le GUD et son magazine d’extrême droite « Le Choc du Mois », que Dieudonné fera une interview scandaleuse en mai 2006, pour  son tout premier numéro (*). Dû à la confidentialité de la distribution du magazine, elle passera un peu inaperçue. Et pourtant ! Il y avait énormément de choses à apprendre de Dieudonné, dedans. Et de son évolution des dernières années, surtout. Un aveu tout d’abord sur son virage à 180° en politique : « Tout le monde évolue, les événements évoluent. J’ai évolué car une certaine conscience politique m’est venue avec le temps. Mais il faut aussi savoir que, malgré tout, nous sommes toujours le produit d’un milieu, d’une éducation. Celle que m’ont donnée mes parents était plutôt à gauche. Et puis il y a eu le théâtre soit tout ce que j’ai voulu faire depuis mon plus jeune âge. Avec Elie, nous avons réussi à percer assez jeunes. Ensuite, je m’installe à Dreux avec ma femme et mes enfants…» choc_du_mois-a2bf2Dieudonné explique ensuite qu’il s’est intéressé à la politique : « Oui au départ je suis bercé par une propagande, fondée sur des impostures antiracistes, du genre SOS-racisme. Dans le monde du spectacle, il faut savoir qu’on est assez encadrés. Et, en tant que pur produit de ce milieu, je me bats donc contre le FN et je bénéficie évidemment de tous les soutiens possibles et imaginables (…). Alors j’étudie, je me renseigne, je lis beaucoup (…) » Un peu plus loin, reparle de SOS Racisme et de Malek Boutih : « il (a) lui-même participé de cette gigantesque hypocrisie en tant que cadre de la police des esprits, même s’il en est revenue depuis.(…). Moi je n’ai jamais eu ma carte à SOS Racisme. J’ai fais pas mal d’erreurs dans ma vie mais pas celle là ! Je refusais même d’aller à leurs dîners. Je crois que ces associations qui manipulent l’antiracisme à des fins politiques devraient être dissoutes dans les années à venir, au-delà même de leurs anciennes malversations financières. » Sacré changement de cap, d’un Dieudonné parlant « d’imposteurs » pour ses premiers frères d’armes en politique !!! Un Dieudonné qui avoue benoîtement ne s’être pas renseigné sur l’antiracisme, dont il parle désormais comme d’une escroquerie, et bien davantage sur le racisme… qui semble très bien lui aller, à moins qu’il ne veuille le voir chez ceux qui lui auraient soi-disant ouvert les yeux sur la question. Dieudonné avouant n’avoir eu qu’un seul type de lecture, ce qui appuyait fortement la thèse de ses sources à sens unique (et exclusivement américaines comme on a pu le voir !).
Dieudonné, qui ne veut pas voir la réalité en face
dieudo_1999-74aedDans cette interview saisissante, toujours, il y a tout Dieudonné (ici à gauche en 1999, quand  on l’invitait encore à la télé) : celui qui, en particulier, de refuse à s’imaginer antisémite. Questionné sur les présidentielles de 2002, il répond : « A ce moment, je commence à avoir un sérieux doute. Cette sorte de meute me parait suspecte, même si je fais partie des manifestants. Je défile, mais à reculons, en traînant des pieds. J’ai dans la bouche un arrière goût de pisse persistant. J’hésite à aller voter pour quelqu’un que la gauche voulait mettre en prison trois jours avant. Mais il y a la pression familiale, un contexte professionnel, un endoctrinement puissant. Et ce ne sera qu’après mon propre lynchage médiatique que je comprendrai à quel point ce système est terriblement efficace. On prétend que je suis antisémite, ce qui permet de me rendre compte qu’avant, un antisémite, c’était quelqu’un qui n’aimait pas les juifs, alors que dorénavant un antisémite est quelqu’un que le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) n’aime pas. » Enfin, revenant sur sa prestation – provocatrice à l’égard des juifs – dans l’émission de Marc-Olivier Fogiel en décembre 2003, Dieudonné ironise : « Là j’ai fait fort, d’un seul coup, j’ai détrôné Jean-Marie Le Pen dans le rôle du grand méchant. J’avais tout pour devenir un chevalier Jedi mais j’ai mal tourné. Je suis devenu un seigneur Sith ! C’est moi le nouveau Dark Vador ! Et Le Pen est presque devenu plus fréquentable que moi, c’est dire. Je suis le champion actuel, mais peut-être n’a-t-il pas dit son dernier mot. Je le crois plein de ressources »… Inimaginable correspondance et comparaison entre les coups médiatiques d’un Le Pen et ceux de Dieudonné ! En tout cas, au sortir de cette interview, une chose est sûre : Dieudonné n’est plus de gauche… mais bien devenu d’extrême droite !
Les hommes de l’ombre, tous issus de l’extrême droite
24ec62c3705f165c45cada17f039cf3b-1d121Le journal, le jour de la rencontre BBR avec Le Pen, grâce à l’ineffable Jules, révèle un autre lien important : « une autre photo, toujours sur le site Allain Jules Meynié, montre Dieudonné, donnant l’accolade à Jean-Emile Néaumet, alias Nicolas Gauthier (ici à gauche), journaliste au mensuel le Choc du mois, (nota : il était le rédac-chef du magazine trash « Flash » qui a fait faillite le 12 septembre 2011) qui l’a interviewé pour le compte de ce magazine (c’est celle qu’on vient de lire). Dieudonné y déclarait entre autres : «Dorénavant, un antisémite est quelqu’un que le Crif (Conseil représentatif des institutions juives) n’aime pas», se posant ainsi, lui aussi, en victime diabolisée. «Sa présence ne doit rien au hasard, croyez-le bien», affirme un cadre du parti d’extrême droite qui soupçonne, sourire aux lèvres, Le Pen lui-même, d’avoir négocié en direct cette visite avec Dieudonné ». Néaumet-Gauthier l’est effectivement, de droite extrême, et de longue date, comme il l’expliquera en se présentant ainsi dans le site de Soral :  »par principe, je n’aime guère parler de moi. Mais allons-y ! Je suis titulaire d’un CAP d’arts graphiques, mon seul diplôme de Bac moins deux… Je commence comme simple maquettiste au quotidien Présent en 1984. Et j’ai la chance d’apprendre le métier à l’ombre des grands : Jean Madiran, Roland Gaucher de National Hebdo et Jean Bourdier de Minute. Assez tôt, ils me permettent d’écrire mes premiers papiers. Comme je pense être un gros malin, je suis persuadé qu’ils ne remarquent pas que je tente de vampiriser leur style, leurs structures de phrases ; bref, tous leurs petits trucs d’artisans… Plus de dix ans plus tard, j’avoue ma forfaiture à Jean Bourdier qui me répond : “Mon jeune ami, vous ne croyiez tout de même pas que j’étais dupe. Mais je ne connais pas d’autres moyens d’apprendre le métier. D’ailleurs, en mon temps »… son parcours  politique vaut lui aussi un paquet de cerises, lui qui se définit comme « Maurassien » essentiellement islamophobe : clapton-96d53« On va faire court : je participe ensuite à la création du Choc du mois en décembre 1987, pars après à Minute, fonde Paris Scandale, sorte de Charlie Hebdo de droite de l’époque – on tiendra deux numéros, seulement. Dans la foulée, je seconde Philippe Randa dans l’aventure de son journal Pas de Panique, deviens le nègre de Samuel Maréchal, alors patron du Front national de la jeunesse, me retrouve dans la crise de décembre 1998 avec la tentative de putsch de Bruno Mégret, et deviens l’un des “gardes rouges” de Le Pen »… ajoutant encore comme un aveu « il y a aussi un autre texte dont je suis plutôt fier : la rédaction de la profession de foi de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de l’élection présidentielle de 2002″. L’homme qui a écrit des blues pour son ami Patrick Verbeke avec qui il a rédigé un livre sur Clapton a d’étranges fréquentations… à vouloir à tout prix défendre l’indéfendable avec des phrases du type  »et alors ».
Flash, et ses liens avec Serge Ayoub
French writer Alain Soral and humorist Dieudonne attend a news conference in ParisOn retrouvera la liste des intervenants du magazine Flash dont il était devenu rédacteur en chef :  »Alain Soral quittera la rédaction en 2011, qui affirme en avril gagner chaque jour (le nouveaux lecteurs, alors que la rumeur annonce sa mort. Parmi son équipe figurent Pierre le Vigan. Béatrice Péreire. Arnaud Guyot-Jeannin. Clovis Casadue (c’est Claude Covassi, sous un faux nom, comme on verra plus loin). Alain de Benoist. Philippe Randa, Christian Bouchet. Topoline. Pinatel ».  Avec une précision d’importance :  »En fait, le titre disparaîtra, et la librairie Primatice sera reprise par Serge Ayoub (de Troisième Voie) ». Ayoub, détenteur de la librairie jadis tenue par Philippe Randa, ancien du Parti des forces nouvelles. Un Ayoub qui transformera la librairie en boutique de vêtements « côté articles, de nombreux sweats et T-shirts, de marques prisées par le milieu nationaliste, telles que Spirit of the street ou Casual, à côté de la marque made in Troisième voie, Local against global.  Pas de Fred Perry, la marque étant jugée trop chère: le discours socialisant est donc adapté au commerce. Malgré cela, on remarque quelques détails qui montrent que le public visé par la boutique ira sans doute au-delà de l’officiel solidarisme, avec ici quelques t-shirt d’inspiration néo-nazie, ou l’écusson de la division française SS Charlemagne, même si ces symboles restent minoritaires parmi les articles proposés. Des DVD sont également entreposés, principalement ceux produits par Troisième voie, même si dans un coin Pierre Vial, ou encore Pierre Sidos, pointent leurs têtes sur une jaquette. On trouve également de la musique, des livres ou des revues telles que la nationale-bolchevique Rébellion ou des vieux numéros jaunis de Hara-Kiri. Bref, un rassemblement hétéroclite témoignant de la volonté d’affirmer une contre-culture underground et nationaliste ». A part ça, Dieudonné aurait « découvert » récemment Ayoub lors de l’affaire Méric ? Vaste rigolade ! A noter  que le  »Samuel Maréchal », des jeunesses du FN, cité étant bien l’ex-mari de Yann Le Pen, n’est autre que le père d’adoption de l’actuelle Marion Maréchal-Le Pen,  fille de Yann Le Pen et sœur de Marine : on vient juste de découvrir quel est le véritable géniteur)…
Qui a rapproché Le Pen de Dieudonné ? 
soral_al_manar-178fcLe Canard Enchaîné avait fait l’enquête sur comment Dieudonné s’était réconcilié avec Le Pen : « Les contacts officieux se sont poursuivis par la suite. Dieudonné est devenu un proche de Fahrid Smahi, ex-conseiller régional FN d’Ile de France. Et il s’est lié d’amitié avec un autre pilier de la Lepénie, l’écrivain et ancien militant communiste Alain Soral, qui a intégré la petite équipe chargée de préparer le programme du candidat du Front National. Le dernier parrain de Dieudonné dans ces mêmes eaux n’est autre que Frédéric Chatillon, ancien secrétaire général du GUD, une organisation étudiante d’extrême droite.  C’est au retour d’une expédition des « nationaux » au Liban, en août dernier, que Chatillon et Soral ont convaincu le directeur du cabinet du chef, Olivier Martinelli, de monter l’opération Dieudonné à la fête du Bourget (ci-dessus la rencontre à Beyrouth en août 2006 dans les bureaux d’Al Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah, le parti islamiste intégriste libanais qui tient des propos antisémites). « C’est ainsi que Dieudonné a pu participer à la fiesta des Bleus-Blancs-Rouges, et visiter les stands au moment précis où Le Pen y effectuait sa tournée des popotes. Cette coïncidence a permis une rencontre devant des caméras qui donnait toutes les apparences de la spontanéité. Dès le lendemain, sur LCI, l’ »humoriste » affirmait d’ailleurs qu’il fallait « cesser de dire que cet homme là est le diable. Il y a une rumeur qui ne correspond pas à la vérité ». Il est loin le temps où, en 1989, à Dreux, Dieudonné se présentait, au nom de l’antiracisme, contre Marie-France Stirbois ». Mais c’est bien connu, à l’extrême droite, il y a toujours quelqu’un pour dire le contraire de ce qui est dit officiellement : « tout irait donc pour le mieux dans le petit monde frontiste si Marine Le Pen, ne détestait pas autant le nommé Martinelli, promoteur de la venue au Bourget du fantaisiste, et si elle n’avait pas hurlé contre cette opération. Car, au même moment, elle déroulait le tapis rouge devant une délégation de la Ligue de Défense Juive, une organisation pour le moins musclée, à la grande colère d’une autre partie des cadres du FN »… Le FN  a toujours été un marigot où les crocodiles se dévorent ou se donnent mutuellement des coups de queue… où s’entredévorent.
La fille s’écarte du père sur la question juive
Nataf_Peninque-b02ddOn s’entredévore jusque dans la famille, au sein du FN, c’est bien connu. La famille Le Pen bien sûr. Le patriarche semble moyennement apprécier certaines orientation de sa fille, et commence même déjà à lorgner vers la nièce de cette dernière (et la petite fille de Jean-Marie), dont les parents sont alors en cours de divorce : celle-ci n’adhérera qu’en 2008 au FN alors qu’elle n’avait pas encore 20 ans. Ce qu’il reproche à sa fille, ce sont certains liens, notamment avec … des pro-israël (des juifs, pensez-donc  !), et notamment  la Ligue de défense juive et son représentant Jean-Claude Nataf, dit « Carlisle »… qui lui a été approché par l’un des lieutenants de son père, devenu entre temps celui de sa fille : c’est Philippe Peninque, un ancien « dur » chez les GUDistes, en compagnie de Frédéric Chatillon, autre grand ami personnel de Marine le Pen. Une photo plus tardive (ci-dessus à gauche) confirme que les deux se connaissent, se parlent et se sourient même lors d’une manifestation (Peninque étant l’homme aux cheveux blancs, Nataf étant à gauche). L’autre est un drôle de policier, Michel Thooris, originaire de Tlemcen en Algérie, ancien militant du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers dont il est devenu proche (de 1999 à 2005), comme spécialiste des questions de sécurité. Il fondera l’éphémère « Parti anarchiste révolutionnaire » (taxé d’extrême-gauche !) en 2007, alors qu’il est déjà en négociation avec la future dirigeante du parti d’extrême droite pour la rejoindre. Visiblement, la fille cherchait déjà des relais de contacts avec des supporters d’israël. Celle-ci, en 2001 se rendra aux Etats-Unis pour rencontrer en Floride le très influent  William J. Diamond, de la synagogue de Palm Beach, un des responsables surtout du très important American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), immense « lobby pro-Israël » aux USA, et surtout un proche de l’ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, qui l’a même marié. La fille cherche visiblement à rencontrer par des voies détournées des extrémistes israéliens, dont l’approche n’est plus un tabou chez elle, contrairement au père ou à ses plus fidèles lieutenants.
Sous l’influence de Soral
soral_nabe-990b1Un homme va revendiquer aussi avait été l’artisan de ce rapprochement : c’est bien entendu Alain Soral (ici à gauche avec Marc-Édouard Nabe, de son vrai nom Alain Marc Édouard Zannini, auteur provocateur antisémite déclaré et revendiqué **), qui joue alors des faveurs directes de JM Le Pen qui l’a fait entrer au bureau politique du parti sur sa seule recommandation (avant qu’il ne claque la porte avec fracas, embarrassé par l’arrivée de la fille et de son encombrant  compagnon) : un Soral qui écrira le 29 avril 2008 un texte sidérant que n’aurait pas renié son ancien patron, contrairement à ce qu’on pourrait penser au début de sa lecture : « Monsieur Le Pen a tort, la chambre à gaz n’est pas un détail. Monsieur Le Pen a profondément tort, la chambre à gaz est tout sauf un point de détail, c’est même aujourd’hui, plus qu’hier encore, la religion, le dogme autour duquel tourne toute l’époque contemporaine. Dans l’ordre du sacrifice fondateur, la chambre à gaz a remplacé la croix du christ. Pourtant, ou justement pour ça, au nom du droit à la libre pensée face à ceux qui croient et veulent nous obliger à croire, je réclame le droit, pour Jean-Marie Le Pen, de considérer la chambre à gaz comme « un point de détail de la seconde guerre mondiale », comme tant d’autres se donnent le droit de chier sur la croix. Que ce soit celle d’hier ou d’aujourd’hui, le citoyen libre se doit de lutter contre toutes les inquisitions et leurs cortèges sanglants de bûchers et d’abjurations. Nous, européens, n’avons pas mis trois siècles à nous émanciper du pouvoir temporel du Pape pour en arriver là ! Aujourd’hui, dans ce climat de judéomanie délirante – une judéomanie délirante et suspecte qui tient plus de l’esprit de la Collaboration que du combat pour le bien et l’amour des hommes – plus les souffrances de la guerre s’éloignent, plus c’est la seconde guerre mondiale toute entière qui devient un détail de la chambre à gaz ! 50 millions de morts, russes, communistes, polonais, anglais, américains, civils, résistants, japonais et mêmes allemands et, parmi eux, 500 mille morts Français, ce n’est presque plus rien face à la chambre à gaz, ou aux 28 mille enfants juifs que certains voudraient faire assumer pour l’éternité aux écoliers de France innocents… ». Soral, lui aussi partisan de minimiser la Shoah ! L’histoire ne disant pas ce que Marine le Pen va pouvoir faire des anciens amis de son père, qui se font imprimer leurs affiches par celui qui a failli couler le paquebot du père…marigot ai-je dit au FN…
Et si le FN avait changé de tactique ?
lepen_djellil-fbad5… c’est la question pas si folle que ça que d’aucuns se sont posée, et qui se résume à un virage à 180° de l’extrême droite vis à vis de sa position sur l’électorat musulman : c’est Vigilance Laïque qui l’affirme en février 2006, non sans de sérieux arguments :  »le cercle restreint de M. Le Pen semble avoir adopté une telle stratégie depuis un certain temps. En 1999, Samuel Maréchal, l’un des beaux-fils de M. Le Pen (c’est le père de Marion Maréchal !), s’était publiquement réjoui du fait que la France devenait « une société multi-ethnique et multi-religieuse » et que « l’islam était devenu la deuxième religion de France ». Ces propos avaient été accueilli par des protestations parmi les rangs du Front National et M. Maréchal avait dû démissionner de plusieurs de ses fonctions du parti. Il est pourtant demeuré l’un des plus proches conseillers de M. Le Pen ». Et il n’aurait pas été le seul : « plus récemment, Jean-Claude Martinez, député européen et conseiller stratégique de M. Le Pen, a réitéré le défi de M. Maréchal (ici à gauche avec JMLP) dans un livre publié sous le titre improbable de  »A tous les Français qui ont déjà voté Le Pen ». Il argumente que le Front National doit s’adapter à la mondialisation, oublier certains de ses mythes fondateurs, comme celui de « Jeanne d’Arc combattant une invasion étrangère », et accueillir les immigrés noirs et arabes dans le giron national. Il a même exprimé son enthousiasme pour la musique rap des arabes et des noirs, tant que les paroles sont en français plutôt qu’en anglais. Et cette fois-ci personne n’a parlé de mesures disciplinaires contre cet hérétique. Diverses sources rapportent désormais que M. Martinez a le soutien de Marine Le Pen, la fille aînée et successeur désignée de Jean-Marie ». samuel_marechal-6b123Pour l’instant dans les faits ce n’est guère encore le cas (les musulmans ont voté en masse pour François Hollande), mais cela expliquerait bien des choses en effet. Le père (d’adoption) de Marion, exclu du FN pour avoir tenté d’expliquer de s’intéresser de plus près au vote musulman ! Cinq ans plus tard, on pourra voir de visu cette évolution. En photo, on a Jean-Marie Le Pen avec Omar Djellil, ainsi présenté par Bondi Blog : en effet, « en mars 2011, premier pas, il appelle à voter FN au second tour des élections cantonales. En avril, aux côtés de Stéphane Durbec, conseiller régional FN, il visite le quartier de la Porte d’Aix ainsi que la mosquée de la rue Camille-Pelletan, dont il est alors le secrétaire général. En mai, enfin, une première rencontre avec Jean-Marie Le Pen est organisée.  De là, va naître, selon les propres mots d’Omar Djellil, « une relation privilégiée » avec le président d’honneur du FN. Entre eux deux, s’installe un respect, mêlé à la fois de fascination et d’une sorte de repentance mutuelle. La famille Djellil a un long passé militaire, rempli de médailles et de faits d’armes, et les deux hommes trouvent là un terrain d’entente approprié. »… L’homme ne semble toujours pas accepté au sein même du FN, surtout chez… Julien Rochedy, bouillant président du FNJ ! Une plainte pour menaces de mort aurait été déposée. Si les jeunes ne comprennent pas les vieux, où va-t-on !
La conquête de l’électorat musulman
No English Title AvailableUne analyse qui se poursuit avec un caractère implacable :  »le Front National a toujours été une coalition de deux familles politiques très distinctes : les néo-fascistes, comme M. Le Pen, (en photo avec le nazi  Franz Schönhuber) et les chrétiens traditionnels d’extrême-droite. Les néo-fascistes pensent que les Juifs et les Américains sont les véritables ennemis, plutôt que les arabes et musulmans. Dans un sens, ils tendent même à considérer les arabes et musulmans comme des camarades fascistes. Quant aux chrétiens d’extrême-droite, ils voient les arabes et les musulmans comme l’ennemi juré. Pendant des années, M. Le Pen a prétendu être un chrétien d’extrême-droite plutôt qu’un néo-fasciste et que la résistance à l’immigration musulmane étaient son principal cheval de bataille. Il est désormais passé du côté de la branche des néo-fascistes et est prêt à abandonner le sujet de l’anti-islamisme. Les chrétiens d’extrême-droite – qui pourraient avoir fourni jusque là plus de 50 % des militants et des électeurs du parti – sont horrifiés, se sentent trahis et ont commencé à déserter en masse. Beaucoup se sont tournés vers Phillipe de Villiers, le chef français de l’euro-scepticisme, lequel est en train de rapidement réorganiser son parti, le Mouvement Pour la France, MPF, en un groupe nataliste, chrétien et anti-musulman ». En somme, pendant que le père va baptiser les enfants de ses amis dans une église de chrétiens traditionnels, la fille fait les yeux doux aux électeurs musulmans. Ça se tient, à part qu’elle les fait aussi envers les juifs, ce qui provoque de sacrés heurts au sein du parti…De Villiers ayant depuis sombré, empêtré dans d’autres problèmes insolubles semble-t-il. Dans le livre de ‘l’infiltrée » Claire Checcaglini avait été expliqué ainsi cette difficile pèche aux voix musulmanes :  « dans un chapitre, elle affirme qu’un cadre du parti lui a confié des propos tenus par Marine Le Pen lors d’un entretien. «Nous n’aurons jamais les voix des musulmans, c’est une cible que je n’ai pas. Si je caresse l’islam dans le sens du poil de temps en temps, ce n’est pas pour eux, c’est pour les Français qui croient encore, ces cons-là, que l’islam est une religion (…) Si je dis que l’islam n’est pas fréquentable, que c’est la pire des choses, ils me traiteront de raciste et ne voteront pas pour moi», fait-elle dire à Mme Le Pen dans la bouche de ce cadre. »
Abandon au second round
En octobre 2006, le « bouffon » (je rappelle que c’est lui qui s’était présenté politiquement ainsi en 1997) se retirait de la course présidentielle (pour la seconde fois) : « La mine déconfite, pas très à l’aise, Dieudonné est d’abord agressé par les lumières braquées sur lui.« La vache, même sur scène, j’ai jamais ça », se lamente-t-il, avant de s’assoir à côté de son ex-directeur de campagne, le sympathique ancien sympathisant frontiste Marc Robert. C’est néanmoins sur scène – un grand bonhomme a d’ailleurs demandé aux journalistes de couper leurs portables –, celle de son théâtre de la Main d’or, qu’il annonce tristement le retrait de sa candidature. La « recherche des 500 signatures, et du budget pour les 500 signatures », malgré les valeureux efforts de Marc Robert, a échoué. « Dans cette démocratie, les règles sont difficiles », alors, « je vais recentrer mon énergie sur la scène. Je serais plus efficace sur scène » marmonne Dieudonné. L’humoriste glose sur sa « diabolisation » ou sur le silence des médias, notamment au sujet de son voyage au Liban. » « Celui qui se décrit comme « un histrion » et « le bouffon de la République », indique qu’il va « recentrer toute son énergie à la scène ». « Je suis avant tout un homme de spectacle », confie-t-il, sur un ton plaisantin qu’il n’abandonne jamais, ironisant sur les médias qui ont voulu le faire passer pour « la branche humoristique d’Al-Qaida ». Ce qui va devenir un de de ses slogans favoris ! Bakchich en profite pour tailler un superbe costume à son responsable de campagne :  »Marc Robert justement, est plus en forme. Il égrenne voluptueusement sa rhétorique. « Le système est bien fait : ceux qui ont les moyens d’être candidats sont ceux qui ont les moyens financiers. Le système préfère vivre avec des candidats non représentatifs qu’avec des candidats subversifs » et ta ta ti et ta ta ta. Mais le système Dieudonné peut-il continuer à vivre avec des aides de camps aussi ineptes ? Apparemment oui : s’il ne peut être le directeur d’une campagne qui n’existe plus, l’ami Robert reste dans le course. « Je vais bosser pour sa com’, pour le DVD ».
La théorie du complot… informatique !
Dieudonné incapable de réussir à se présenter ? Il a invoqué, on l’a vu, à plusieurs reprises, le « lobby sioniste » (traduisez par lobby juif chez lui) comme raison essentielle à ces échecs successifs. Mais sa grande paranoïa grandissante l’a mené bien plus loin ces derniers temps, avec une incroyable théorie du complot… informatique. Piochée bien sûr sur le net ! Interviewé en Algérie, où il a pris l’habitude de faire des confidences car ses fans y résident en masse voici ce qu’il a dit:  »C’est-à-dire, en France notamment. Le vote en lui-même est sujet à caution, puisque moi, dans ma région, on vote par voie électronique, c’est-à-dire que pour voter, il faut appuyer sur deux boutons. Ensuite, c’est transmis au ministère de l’Intérieur et c’est lui qui vous dit pour qui vous avez voté. Donc, dans ce monde-là, où l’obscur est partout, le vote qui doit être normalement l’élément qui détermine la démocratie est complètement biaisé en France. On vote mais on ne sait pas pour qui. En plus de cela, moi, j’étais déclaré inéligible pendant trois années. Je ne sais pas pourquoi, peut-être qu’ils avaient peur que l’antisionisme réalise des scores importants dans les années qui viennent. » C’est une parole à ranger dans le cas de la psychiatrie, ou dans celle des pires écrits des années 30 sur les  » forces obscures » et « cachées » qui dirigent les pays, Dieudonné est bien devenu résolument complotiste, à tous les stades de ses fumeuses « analyses »…  »Le monde ou l’obscur est partout »… en fait dans le Loir et Cher ce sont des machines pour le vote dans l’enseignement supérieur qui ont été installées. Lors de sa dernière élection (il a perdu le droit de voter depuis), on a vu Dieudonné se rendre dans son village pour voter avec un matériel bien classique.
Pas encore banni pour autant de la vie politique 
bove_dieudonne-4abd7Mais il n’est pas encore totalement pestiféré pour autant : le 9 septembre 2006,   »l’antisioniste », devenu tête de liste à l’élection européenne en Ile-de-France, manifestait à nouveau avec les Sans-Papiers parmi 10 000 participants où l’on pouvait croiser à nouveau José Bové, aux côtés de Dieudonné (voir photo) mais aussi Jack Lang, Olivier Besancenot, Aminata Traoré (l’ancienne ministre de la culture du Mali), Jean-Baptiste Eyraud, Mouloud Aounit, Dominique Voynet, Albert Jacquard. Lors de son retrait, Dieudonné, en éternel manipulateur, avait conseillé à ces sbires d’aller voter… Bové.  »Dimanche 14 janvier, jour du sacre de Nicolas XII, empereur de l’UMP, j’en appelle à tous les gueux, tous les vilains du royaume. Comme vous le savez, je me suis retiré de la course à l’élection présidentielle, mais je reste un citoyen engagé, qui au travers de rencontres d’ouvertures, parfois étonnantes, cherche à se forger une opinion d’homme libre et j’invite chacun à faire de même. J’appelle aujourd’hui à signer la pétition (…) afin de soutenir la présence de José Bové dans la campagne à l’élection présidentielle et favoriser ainsi le débat authentique qu’attendent les Français », écrivait Dieudonné dans un communiqué publié sur son site. De l’art de semer la discorde, dira-t-on :  « aussitôt, Bové et les initiateurs de la pétition ont refusé ce soutien, considérant être « en total désaccord avec les prises de positions et initiatives publiques récentes de Dieudonné ». « En conséquence, nous ne comptabiliserons pas sa signature », écrivent-ils sur le site de la pétition. » Dieudonné pouvait s’en féliciter : encore une fois il avait réussi à détourner l’attention des médias, qui commençaient à fouiner sur ces possibles financements syriens, ou ses contacts plus ou moins secrets avec le FN. Et réussi à jeter le doute chez les écolos à défaut d’avoir réussi à séduire les agriculteurs ou les chasseurs !
Tous venus applaudir des blagues antisémites
dieudo_champ-af830L’année 2006 se refermait sur une ultime photo. Celle prise le 18 décembre, dans le carré VIP d’un des spectacles parisiens de Dieudonné, dans l’enceinte même de la Main d’Or. On pouvait y distinguer, outre  Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois (ancien du RPR, proche de  Robert Pandraud, passé au Front en 1995, longtemps chargé des finances du parti, c’est aussi l’organisateur de la fête BBR où Dieudonné à rejoint LePen, en 2009 il rentrera en conflit avec … Soral), Alain Soral (pas encore fâché avec Dubois) et Jany Le Pen, la femme de Jean-Marie, ainsi que Roland Dumas, ancien ministre sous Mitterrand, dont la dérive droitière s’est amorcée depuis des années. Tous venus applaudir l’artiste dans son spectacle « Dépôt de bilan », et tous un verre de champagne à la main…. Le Canard Enchaîné a assisté le 20 mai de cette année-là  au spectacle de Dieudonné au Théâtre de la main d’or  »dans lequel il enchaîne les blagues antisémites : « Vous connaissez l’histoire de Bernard-Henry Lévy qui va au marché acheter des patates ? Comme le kilo est à 1,30 euro le philosophe milliardaire marchande et proteste : « Avec 6 millions de morts, vous pourriez me faire un prix quand même ! ». affiche-Dieudonne--Depot-de-bilan-2008-1-2-e7531« Tout se spectacle parano baigne dans une ambiance de fin du monde, comme dans ce sketch morbide où Dieudonné joue Hitler dans son bunker avalant du cyanure », commente l’hebdomadaire qui raconte un autre sketch dans lequel Dieudonné dans la peau d’un rédacteur en chef ordonne de changer la une car Roger Cukierman, le président du CRIF, a attrapé un rhume, victime d’ « une attaque de microbes antisémites ». Pour le Canard Enchaîné, « dans ce nouveau et pénible spectacle, le comique fait ses adieux à l’humour avec des blagues clairement antisémites ». « On peut rire de tout mais plus avec Dieudonné », estimait alors  l’hebdomadaire. Des photos, on en découvrira d’autres, beaucoup plus compromettantes. Faites en 2006 déjà à Montretout, dans la villa de Jean-Marie le Pen en personne, en présence du couple Chatillon et du couple Dieudonné.
Celui qui n’apprécie pas Marine
On l’a vu tout à l’heure, le rapprochement envisagé par la fille avec lex extrémistes de droite israélien n’est pas franchement apprécié partout au sein du FN. Celui qui met en cause le plus, cette orientation n’est autre que…. Marc George, celui qui sert de directeur de campagne à Dieudonné. Il l’avouera plus tard en 2013, en révélant pourquoi : selon lui, Marine le Pen était fort éloignée de la sinistre notion de « détail » de son père, auquel lui semblait tant tenir… avec Dieudonné : quatre ans plus tard, en effet, voici ce qu’il parle des « accointances judéomanes »(sic) de Mme Le Pen. Ainsi, déclare-t-il: Marine Le Pen, « croit à l’histoire officielle de la seconde guerre mondiale, elle pense que le peuple juif est un peuple victime et elle sait qui a le pouvoir. Si elle gagne, elle ira en Israël comme elle a déjà tenté de le faire, elle ira à Yad Vashem rallumer la flamme, au Vel-d’Hiv’ demander pardon non pour elle-même mais pour son père et pour la France, ce qui est particulièrement abject. Lorsqu’il s’agit de la seconde guerre mondiale, Marine Le Pen trouve parfaitement normal que la France soit présentée comme étant complice d’un génocide, comme étant une nation raciste, collaborationniste, délatrice. Ce qui est un ignominie, une infamie. C’est totalement insupportable. Marine Le Pen ne fait pas que se soumettre à cette idéologie antifrançaise. Pire, elle y croit. Elle est donc totalement incurable »Et c’est le même individu, plutôt chaud oartisan de la fidélité à Bruno Gollnisch, qui aurait en 2006 travaillé au rapprochement avec le père… car ce dernier, lui, au moins, perpétuait au FN la bonne vieille tradition antisémite qui évitait tout rapprochement de la sorte ! Résulat si on a pu voir Dieudonné poser avec le père, on ne le verra jamais le faire avec la fille. Ce qui est fort symptomatique en effet !
Gollnisch qui renie son négationnisme au tribunal !
dukeandbruno-sm-9c0d0Le Canard Enchaîné, qui, le 15 novembre, ajoutera encore sur cette inacceptable et sournoise légèreté, en écrivant que » c’est une sorte de fatalité : les lepénistes ont toujours des problèmes avec les Juifs ou les Blacks. Sans parler des Arabes. Adieu, détail !  Y’a du mou au Front ! Alors que la semaine dernière Bruno Gollnisch, le numéro 2, comparaissait au tribunal de Lyon pour contestation de crimes contre l’humanité, l’avocat Alain Jakubowicz lui a demandé solennellement s’il reconnaissait que « l’extermination organisée des Juifs d’Europe par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale constitue un crime contre l’humanité non contestable perpétré notamment par l’utilisation des chambres à gaz ». Il a hésité… puis répondu par l’affirmative. Devant témoins. A voix haute. Dans une enceinte de justice. Il faut dire qu’en échange de cette déclaration, l’avocat de la Licra s’engageait à abandonner les poursuites…  » Gollnisch (photographié ici serrant la main au leader suprémaciste blanc David Duke, ex leader du KKK) revenant en une seule phrase sur une des plus grandes accusations négationnistes. Preuve du peu d’intérêt réel qu’il portait à la question… comme tous les négationnistes ! « jusque-là, Gollnisch avait l’habitude de chipoter, tout ça se discute, les chambres à gaz, faut laisser les historiens en parler etc.  Les camps ne seraient pas un « point de détail ». Et le Menhir ne dit rien ? Ne l’expulse pas ? Ne le traite pas de tous les noms d’oiseaux ? Y’a des valeurs qui se perdent… concluait en rigolant le Canard. » Que n’aurait pas fait Gollnisch pour ne pas perdre son indemnité d’enseignant (***) ? Les prises de position le buste droit fléchissent très vite chez lui devant la dure réalité de la casserole à remplir . On oubliera vite ce renoncement intégral au FN, pour en faire un autre « détail ». Les crocodiles ont aussi la mémoire courte quand ils le veulent. Heureusement qu’il y en a certains pour leur rappeler parfois les tribulations jusqu’au Japon de ses leaders ….
Et pendant ce temps-là en Iran…
Iran-Teheran-decembre2006-1-2-6ae3cLe Monde nous l’apprenait en cette fin d’année-là : « Manouchehr Mottaki, le chef de la diplomatie iranienne, a inauguré lundi 11 décembre une conférence sur l’Holocauste unanimement condamnée par la communauté internationale. Pendant deux jours, Téhéran reçoit des universitaires étrangers révisionnistes, parmi lesquels l’ex-universitaire et révisionniste français Robert Faurisson, condamné à de multiples reprises par la justice, l’Australien Fredrick Toben, qui a passé plusieurs mois dans une prison allemande pour incitation à la haine raciale, ou encore l’ancien membre du Ku Klux Klan et ex-parlementaire américain David Duke«  . Le revoilà celui-là, tiensSelon l’Express, c’est bien Ahmadinejad qui en avait été à l’origine : « l‘idée de cette réunion est venue du président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui, depuis son arrivée au pouvoir en août 2005, a parlé à plusieurs reprises de l’Holocauste comme d’un « mythe » et a dénoncé la « tumeur » que constitue, selon lui, l’Etat d’Israël au Proche-Orient ». Un résumé de la pensée dieudonnesque, en quelque sorte. Au milieu des arrivants, on distingue des Juifs; ce qui surprend certains. Ce sont bien entendu les juifs hyper-orthodoxes de Neturei Karta, les préférés de Dieudonné, puisqu’ils nient l’existence même de l’Etat d’Israël, salués par un texte immonde et honteux signé Ahmed Moualek de la Banlieue S’exprime…. qui se fâchera lui aussi avec Dieudonné…
L’année 2006 se refermait sur cette horreur et une certitude en tout cas : Dieudonné, qui tenait des propos antisémites sur scène, après son échec aux présidentielles, se recentrait selon lui sur cette même scène en affirmant abandonner la politique, ce qu’il ne fera pas… bien entendu. L’homme étant aussi celui des promesses non tenues à répétition. Les années qui allaient suivre, allait-on assister à un déferlement de sentences du même tonneau ? La question pouvant aussi se poser de cette manière : Dieudonné pourrait-il faire pire dans les temps à venir ? La réponse, hélas, allait être oui.
le-choc-du-mois-n-66-juillet-aout-1993-le-temps-des-nostalgies-jean-dutourd-paul-serant-jean-mabire-pierre-vial-afrique-du-sud-vers-une-nouvelle-guerre-des-boers-revue-872116202_ML-b1d22(*) Le « Choc du Mois » (ici le N°66 de juillet-août 1993) est un magazine ouvertement d’extrême droite dirigé par Jean-Marie Molitor,  qui est alors également le directeur de l’hebdomadaire « Minute ». C’est la reprise d’un titre qui avait été forcé de s’arrêter en 1993 après la publication d’une interview de… Robert Faurisson !
(**) il a tout pour s’entendre avec Marc-Edouard Nabe, ce dernier ayant un jour déclaré « la Licra, vous savez ce que c’est ? Ce sont des gens qui se servent du monceau de cadavres d’Auschwitz comme du fumier pour faire fructifier leur fortune » ….
(***) « Chez Bruno Gollnisch, (qui enseigne le japonais et est marié à une japonaise !), photographié ici avec David Duke du KKK, qui a été déjà condamné en un premier temps pour négationnisme (et blanchi hélas en 2009 en cassation !), une autre phrase clé de ce discours oiseux est aussi revenue au premier plan (lui cite l’invariable Dresde !) :  »Il y a les bons et les mauvais criminels de guerre. Les bons criminels de guerre, ceux-là qui sont pardonnés, sont les vainqueurs. C’est ceux qui ont bombardé et fait éclater sous des chaleurs de trois mille degrés les femmes, les vieillards, les enfants, de Hiroshima, de Nagasaki, de Dresde ou d’ailleurs. Ca, ce sont les bons. Et puis il y a les mauvais, c’est dans le camp des vaincus. » Sous entendu encore une fois, ce qu’on a pu lire cette semaine sur Agoravox comme quoi les alliés, à Nuremberg, ont condamné des gens qui n’auraient pas dû l’être « en comparaison ». C’est à nouveau une tentative de réhabilitation ! Ça, c’est typique des révisionnistes, en effet : les vainqueurs « imposant leur loi », selon eux, ont donc pu….tricher. Du révisionnisme, ou de l’inculture, on saute alors immédiatement au négationnisme :  »ça n’est donc pas vrai ».  Mais « bon sang mais c’est bien sûr » se dit alors le gogo alléché par la prose nauséabonde ! C’est bien toute la démarche d’un Faurisson ! Faurisson, qui a aussi nié le journal d’Anne Franck et s’est fait démonter comme jamais par… le vigilant Didier Daeninckx. Je vous recommande la lecture de sa très belle démonstration ici-même. Daeninckx ayant soulevé un autre lapin avec le cas de l’origine française du Zyklon-B et des tonnages importés, qui devraient clouer le bec aux calculateurs faussés disciples de l’imposteur Rassinier. A propos d’Anne Frank, on peut aussi lire l’admirable ouvrage de son équivalent français, Hélène Berr morte à 24 ans à Bergen-Belsen. »